Articles

Indemnité de rupture conventionnelle : calcul du minimum et effet sur le chômage

Le minimum se calcule en quarts puis en tiers de mois de salaire ; chaque tranche de 111,8 € au-dessus décale le chômage d'un jour.

L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois par année au-delà [1][2]. Tout ce qui dépasse ce minimum légal retarde le premier jour d'allocation : la part en plus est divisée par 111,8, dans la limite de 150 jours [3][4]. Pour l'employeur, une contribution de 40 % s'ajoute [1].

La formule du minimum légal

L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle est due quelle que soit l'ancienneté du salarié [1]. Son plancher est l'indemnité légale de licenciement, ou l'indemnité de la convention collective si elle est plus favorable [1].

La formule légale compte deux taux [2] :

Une année incomplète compte au prorata des mois complets [2]. Le salaire de référence est le plus favorable de deux moyennes : celle des 12 derniers mois, ou celle des 3 derniers mois, une prime annuelle n'y comptant que pour sa part [2].

Minimum légal exprimé en mois de salaire de référence, d'après la formule de l'indemnité légale [2]. Calcul de l'auteur.
AnciennetéMinimum légal
2 ans0,5 mois
5 ans1,25 mois
10 ans2,5 mois
12 ans3,17 mois
15 ans4,17 mois
20 ans5,83 mois

Un exemple calculé

Sophie gagne 3 000 € brut par mois, sans prime. Elle a 12 ans et 6 mois d'ancienneté à la date de rupture.

Elle négocie 15 590 €. La part au-dessus du minimum légal, le supralégal, est de 5 590 €.

Le différé d'indemnisation de France Travail

France Travail décale le début de l'allocation quand l'indemnité dépasse le minimum légal. C'est le différé spécifique : le supralégal est divisé par 111,8, valeur en vigueur depuis le 1er janvier 2026 [3][4]. Le résultat est un nombre de jours, plafonné à 150 jours [3][4].

Deux autres délais s'ajoutent. Le différé congés payés, si des congés non pris sont payés à la sortie, ne peut pas dépasser 30 jours [4]. Le délai d'attente est de 7 jours, une seule fois par période de 12 mois [4].

Pour Sophie, qui a soldé ses congés avant son départ : 5 590 / 111,8 = 50 jours de différé spécifique, plus 7 jours de délai d'attente, soit 57 jours sans allocation après la fin du contrat. Le plafond de 150 jours est atteint à 150 x 111,8 = 16 770 € de supralégal [3]. Au-delà, un euro négocié en plus ne retarde plus l'allocation.

Ces délais décalent l'indemnisation. Ils ne réduisent pas la durée des droits [4].

Le piège : seule la part qui résulte de la loi échappe au différé. L'Unédic retient l'indemnité de rupture conventionnelle pour la part qui excède l'indemnité légale de licenciement [3]. Si votre convention collective prévoit davantage que la loi, cet écart entre dans le calcul du différé, même sans aucune négociation.

La durée du chômage depuis le 1er septembre 2026

Pour les contrats qui prennent fin à compter du 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation après une rupture conventionnelle est réduite [5]. C'est la date de fin du contrat qui compte, pas celle de la signature [5].

Durée maximale d'indemnisation après une rupture conventionnelle, en métropole [5].
Âge à la fin du contratAvantDepuis le 01/09/2026
Moins de 55 ans18 mois15 mois
55 ou 56 ans22,5 mois20,5 mois
57 ans et plus27 mois20,5 mois

Dans les départements d'outre-mer, hors Mayotte, les plafonds sont de 20 mois avant 55 ans et de 30 mois à partir de 55 ans [5]. Ces durées sont des maximums : la durée réelle dépend toujours de la période travaillée avant la rupture.

Ce que paie l'employeur

L'employeur verse une contribution patronale de 40 % sur la part de l'indemnité exonérée de cotisations sociales [1]. On parle encore parfois de forfait social ; c'est cette contribution de 40 % qui s'applique aux ruptures conventionnelles. Elle porte sur toute la part exonérée, minimum légal compris.

Pour Sophie, l'indemnité reste sous la limite d'exonération de cotisations, fixée au plus à 96 120 € [1]. La contribution est donc de 15 590 x 40 % = 6 236 €, et la rupture coûte 21 826 € à l'entreprise, hors salaire et congés payés.

Thomas, lui, gagne 2 400 € brut et a 5 ans et 3 mois d'ancienneté. Son minimum légal est de 2 400 / 4 x 5,25 = 3 150 €. S'il signe à ce montant, il n'a aucun différé spécifique, seulement le délai d'attente de 7 jours [4]. Son employeur paie 3 150 x 40 % = 1 260 € de contribution.

Côté impôt

Pour un salarié qui ne peut pas encore toucher de retraite, le minimum légal ou conventionnel est exonéré d'impôt sur le revenu [1]. Au-delà, l'exonération est limitée, notamment à deux fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente, avec un plafond global de 288 360 € [1]. Le salarié qui peut bénéficier d'une pension de retraite est imposé dès le premier euro [1]. La part au-dessus du minimum supporte la CSG et la CRDS [1].

Ces règles générales ne remplacent pas votre convention collective ni la notification de France Travail. Le simulateur officiel et l'agence France Travail donnent le chiffre applicable à votre dossier.

Le guide

Rupture conventionnelle et chômage 2026-2027

Le guide suit trois salariés de la signature au dernier jour d'allocation : net après CSG, différé congés payés, montant et dégressivité de l'allocation, méthode de négociation et huit modèles de courriers.

Questions fréquentes

Quel est le minimum de l'indemnité de rupture conventionnelle ?

L'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire par année jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois par année au-delà, ou l'indemnité conventionnelle si elle est plus élevée [1][2].

Combien de jours de différé pour une indemnité supralégale ?

La part au-dessus du minimum légal divisée par 111,8 en 2026, dans la limite de 150 jours, plus 7 jours de délai d'attente [3][4].

Combien de mois de chômage après une rupture conventionnelle en 2026 ?

Pour une fin de contrat depuis le 1er septembre 2026 : 15 mois au plus avant 55 ans, 20,5 mois à partir de 55 ans, en métropole [5].

Sources

  1. Comment calculer l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ? (service-public.gouv.fr, vérifié le 26 juin 2026), www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31539, consulté le 29/10/2026.
  2. Indemnité de licenciement du salarié en CDI (service-public.gouv.fr, vérifié le 5 juin 2026), www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F987, consulté le 29/10/2026.
  3. Différé d'indemnisation spécifique en cas d'indemnités supra-légales (Unédic, mis à jour le 5 octobre 2026), www.unedic.org/indemnisation/fiches-thematiques/differe-dindemnisation, consulté le 29/10/2026.
  4. Quand vais-je commencer à recevoir l'allocation chômage ? (France Travail), www.francetravail.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/lessent, consulté le 29/10/2026.
  5. Rupture conventionnelle et chômage : les nouvelles durées d'indemnisation à partir du 1er septembre 2026 (Code du travail numérique), code.travail.gouv.fr/actualite/rupture-conventionnelle-et-chomage-les-, consulté le 29/10/2026.

Chiffres vérifiés sur ces sources le 29/10/2026.

Aussi sur ce site